Le jeûne intermittent (un jour sur deux) est l'une des formes de jeûne intermittent les plus anciennes et les mieux étudiées. Son principe est remarquablement simple : on alterne les jours d'alimentation normale et les jours de jeûne ou de restriction calorique drastique. Cette alternance rythmique entre abondance et privation imite un régime alimentaire pratiqué par nos ancêtres pendant des millénaires, non par choix, mais par nécessité.
Contrairement aux protocoles de jeûne intermittent comme le 16/8 ou le OMAD, qui imposent une période d'alimentation spécifique chaque jour, le jeûne intermittent (ADF) considère la journée entière comme une unité. Ainsi, les jours où vous mangez, vous n'avez aucune restriction horaire : vous pouvez prendre votre petit-déjeuner, votre déjeuner et votre dîner quand vous le souhaitez. La période de jeûne dure alors généralement de 36 à 42 heures, du dernier repas d'une journée d'alimentation au premier repas de la journée suivante.
Il existe plusieurs variantes du jeûne intermittent, qui diffèrent par leur rigueur. La version classique, souvent appelée « jeûne intermittent pur », n'autorise que des boissons sans calories comme l'eau, le café noir et le thé non sucré les jours de jeûne. La version modifiée, et la plus étudiée, autorise un petit repas d'environ 500 à 600 calories les jours de jeûne, généralement au déjeuner ou au dîner. Cette version est parfois appelée « jeûne intermittent modifié » (JIM) et est considérée comme plus accessible aux débutants tout en offrant des résultats impressionnants.
Les recherches scientifiques sur le jeûne intermittent (ADF) ont connu une croissance spectaculaire ces vingt dernières années. Des études menées à l'Université de l'Illinois par le Dr Krista Varady ont démontré que l'ADF est non seulement efficace pour la perte de poids, mais qu'il a également des effets profonds sur les marqueurs métaboliques tels que l'insuline, le cholestérol et les marqueurs inflammatoires. Comparé aux régimes hypocaloriques classiques, l'ADF semble particulièrement efficace pour réduire la graisse viscérale abdominale, cette graisse métaboliquement active associée à un risque accru de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2.
Ce qui distingue le jeûne intermittent (ADF) des autres protocoles de jeûne, c'est l'intensité du changement métabolique qu'il induit. Alors qu'avec le jeûne 16/8, on n'atteint qu'un état de jeûne léger et de courte durée, avec l'ADF, le corps atteint régulièrement des états de jeûne plus profonds, caractérisés par une combustion accrue des graisses, une autophagie renforcée et un profil hormonal optimisé. Le prix à payer, bien sûr, est un effort d'adaptation plus important et un mode de vie qui ne s'intègre pas forcément au quotidien de chacun.


