Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité en Allemagne, représentant environ 40 % des décès. C'est plus que le cancer, les maladies respiratoires et les accidents réunis. Crise cardiaque, AVC, insuffisance cardiaque, artériopathie périphérique : ces diagnostics bouleversent des vies et semblent souvent surgir de nulle part. Le voisin qui paraissait en parfaite santé hier se retrouve aujourd'hui en soins intensifs. Le collègue qui semblait toujours en excellente forme physique est soudainement victime d'une crise cardiaque. Presque tout le monde connaît ces histoires, et elles sont effrayantes.
La vérité est que la plupart des accidents cardiovasculaires se développent sur des années, voire des décennies. On peut non seulement les retarder grâce à la prévention, mais aussi, dans de nombreux cas, les éviter complètement. Les scientifiques estiment que jusqu'à 80 % des infarctus et des AVC pourraient être évités par des modifications du mode de vie. Ce chiffre remarquable est porteur d'espoir, mais il nous responsabilise également.
La 35e année de la vie comme tournant
À partir de 35 ans, l'assurance maladie obligatoire recommande des bilans de santé réguliers, et ce à juste titre. À cet âge, les facteurs de risque commencent à se manifester, pouvant entraîner des lésions vasculaires au fil des décennies. La tension artérielle, optimale à 25 ans, augmente progressivement. Le taux de lipides sanguins se modifie. Les premiers kilos pris après les études, que l'on souhaitait « perdre rapidement », se sont tenacement installés. Le stress professionnel a des conséquences. Ces changements surviennent lentement, imperceptiblement, et c'est précisément ce qui les rend si dangereux.
La nature insidieuse de l'artériosclérose
L'artériosclérose, la calcification et le durcissement des vaisseaux sanguins, se développe progressivement sur plusieurs décennies. Dès l'âge de vingt ans, les premiers dépôts graisseux sont détectables sur la paroi des vaisseaux. Avec le temps, ces dépôts forment des plaques qui rétrécissent le diamètre des vaisseaux et réduisent l'élasticité des artères. Le plus insidieux, c'est que ce processus reste longtemps asymptomatique. On ne ressent rien tandis que des dépôts se forment lentement dans les artères coronaires. On se sent bien, même si la tension artérielle augmente imperceptiblement. Ce n'est que lorsque les lésions sont déjà avancées, lorsqu'un vaisseau est gravement rétréci ou qu'une plaque se rompt et forme un caillot, que les symptômes apparaissent : douleurs thoraciques, essoufflement, vertiges. Ou, plus dramatiquement encore : un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral, qui bouleverse une vie en un instant.
La prévention consiste à agir avant que la situation n'atteigne ce point critique.
C’est précisément là le secret de la prévention cardiovasculaire : agir avant l’apparition des symptômes, avant que les dommages ne soient visibles. Il s’agit d’identifier et d’influer sur les facteurs de risque tant qu’ils sont encore modifiables. La bonne nouvelle, c’est que les principaux facteurs de risque peuvent être modifiés par l’hygiène de vie. Alimentation, exercice physique, arrêt du tabac, gestion du stress, contrôle du poids : tous ces facteurs sont à votre portée. Ce guide vous présente des stratégies fondées sur des preuves scientifiques pour un cœur en bonne santé, scientifiquement rigoureuses et applicables au quotidien. À partir de 35 ans et au-delà.


