L'inflammation est en réalité bénéfique. Lorsqu'on se coupe, qu'on contracte une infection ou qu'on se foule la cheville, le système immunitaire réagit par une inflammation. Le tissu touché reçoit un afflux sanguin accru, les cellules immunitaires affluent, les bactéries sont combattues et le processus de réparation se met en place. Cette inflammation aiguë est douloureuse et désagréable, mais c'est le signe que le corps est en train de guérir. Après quelques jours, elle disparaît et tout rentre dans l'ordre.
Le problème de l'inflammation chronique
La situation est bien différente avec l'inflammation chronique de faible intensité, également appelée « inflammation silencieuse ». Cette forme d'inflammation ne provoque aucun symptôme évident comme des rougeurs, des gonflements ou des douleurs. Elle couve en silence, parfois pendant des années, voire des décennies. Le système immunitaire est constamment légèrement activé, libérant continuellement des messagers pro-inflammatoires et maintenant l'organisme dans un état d'alerte permanent. Avec le temps, cette inflammation chronique cause des dommages considérables et est désormais associée à un large éventail de maladies : maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, maladie d'Alzheimer, certains cancers, maladies auto-immunes et même dépression.
Pourquoi l'inflammation chronique est-elle si dangereuse ?
L'inflammation chronique endommage les tissus au niveau cellulaire. Les messagers inflammatoires, tels que les interleukines et le TNF-alpha, favorisent le stress oxydatif et endommagent l'ADN, les protéines et les membranes cellulaires. Dans les vaisseaux sanguins, l'inflammation favorise la formation de plaques – l'athérosclérose – pouvant entraîner des infarctus et des AVC. Dans le tissu adipeux, l'inflammation accroît la résistance à l'insuline et contribue au développement du diabète. Dans le cerveau, l'inflammation est liée aux processus neurodégénératifs. Et dans tout l'organisme, elle augmente le risque de cancer car les processus inflammatoires peuvent favoriser les mutations cellulaires. Le plus insidieux, c'est que tout cela se produit progressivement et sans que l'on s'en aperçoive.


