VTT avec un vélo de route – L’art de l’escalade
L'ascension en montagne est le défi ultime du cyclisme. Quand la route grimpe, on distingue le bon grain de l'ivraie : c'est là que se révèlent la véritable endurance, la technique efficace et la force mentale. Qu'il s'agisse de cols alpins, de moyennes ascensions ou de collines locales, grimper à vélo de route possède une magie particulière.
Contrairement au terrain plat, où l'aérodynamisme et l'aspiration sont prépondérants, en ascension, la puissance brute par rapport au poids corporel est cruciale. Votre rapport W/kg (watts par kilogramme) détermine votre vitesse d'ascension. Parallèlement, la technique, la gestion de l'effort et l'alimentation sont des facteurs essentiels pour les longues ascensions.
La fascination des montagnes
Le VTT offre des expériences uniques : la tranquillité des cols solitaires, la satisfaction d’avoir atteint le sommet, les panoramas à couper le souffle. Des ascensions mythiques comme l’Alpe d’Huez, le Stelvio, le Mont Ventoux ou le Grossglockner attirent des cyclistes du monde entier. Mais même les ascensions plus modestes permettent de s’entraîner et de prendre du plaisir.
Qu'est-ce qui fait un bon grimpeur ?
Puissance fonctionnelle élevée par rapport au poids (W/kg). Technique efficace, en position assise comme debout. Gestion intelligente de l'effort : forcer trop tôt vous pénalisera par la suite. Force mentale : les longues ascensions exigent une grande endurance mentale. Bonne stratégie nutritionnelle : l'apport énergétique est crucial lors des longues ascensions.
W/kg – La mesure cruciale en montagne
En montagne, une valeur est plus importante que toutes les autres : W/kg – watts par kilogramme de poids corporel.
Pourquoi W/kg ?
Sur terrain plat, vous luttez principalement contre la résistance de l'air. Plus vous allez vite, plus vous avez besoin de puissance, mais votre poids importe peu. En montée, la donne change : vous luttez contre la gravité. Chaque kilogramme de votre poids (et celui du vélo) doit être porté vers le haut.
La physique sous-jacente
Puissance développée en montée : P = m × g × v × sin(α). Autrement dit : plus la pente est raide et plus le cycliste est lourd, plus il a besoin de puissance pour maintenir la même vitesse. Un cycliste de 70 kg avec une FTP de 280 W a un rapport puissance/poids de 4,0 W/kg. Un cycliste de 80 kg avec une FTP de 280 W a un rapport puissance/poids de 3,5 W/kg. Sur une pente de 8 %, le cycliste le plus léger est nettement plus rapide, même s’ils ont la même puissance absolue.
Quelle est une bonne valeur W/kg ?
Pour les cyclistes amateurs : 2,5-3,0 W/kg = Base solide. 3,0-3,5 W/kg = Bonnes performances en montée. 3,5-4,0 W/kg = Très bonnes performances, compétitives en compétition amateur. 4,0-4,5 W/kg = Excellentes performances, avec de bonnes chances de podium chez les amateurs. 4,5+ W/kg = Niveau amateur élite. À titre de comparaison : les professionnels du Tour de France ont une puissance de 5,5 à 6,5 W/kg.
Comment améliorer mon rapport W/kg ?
Deux leviers : augmenter la FTP (plus de watts) et réduire le poids (moins de kilos). Idéalement : agir sur les deux simultanément. Attention toutefois : une perte de poids au détriment de la performance ou de la santé est contre-productive.
Entraînement pour une meilleure escalade
Le meilleur moyen d'apprendre l'escalade, c'est de grimper. Mais un entraînement structuré vous permettra aussi d'être plus rapide en montagne.
Les fondements : Base aérobique
Les longues ascensions sollicitent principalement l'endurance aérobie. Une bonne base aérobie, acquise grâce aux sorties en zone 2, est essentielle. Sans cette base, l'endurance nécessaire pour les longues ascensions fait défaut.
Hill Repeats
La séance d'escalade classique. Trouvez une ascension de 5 à 15 minutes. Effectuez plusieurs répétitions à l'intensité cible. Exemples : 4 x 8 min à 95-100 % FTP, descente pour récupérer. 5 x 6 min à 100-105 % FTP, 4 min de repos. 3 x 12 min à 90-95 % FTP, récupération complète. La descente permet une récupération naturelle. Variez les ascensions : des pentes différentes sollicitent différents aspects de votre effort.
Intervalles de seuil
Les intervalles au seuil (95-105 % FTP) constituent la base de l'entraînement des grimpeurs. Ils améliorent la capacité à maintenir une intensité élevée sur la durée. Exemple : 4 x 10 min à 100 % FTP (4 min de repos).
Intervalles au-dessus et en dessous
Alternance entre des phases juste au-dessus et juste en dessous du seuil. Exemple : 3 séries de 4 min à 105 % de la FTP et 4 min à 90 % de la FTP. Simule les changements de rythme lors d’ascensions variables.
Longues ascensions
Si vous avez accès à de longues ascensions (20 à 60 minutes et plus), exploitez-les. Variez les intensités : tempo (zone 3) pour l’endurance, seuil pour simuler une course et allure constante pour travailler votre gestion de l’effort.
musculation
Les intervalles à faible cadence (50-60 tr/min) en montée permettent de développer des forces spécifiques. Exemple : 4 x 5 min à 85 % de la FTP, 55 tr/min. Attention : sollicitation importante des genoux – augmenter progressivement l’intensité.
Marcher à pied en montagne – L’art de marcher à pied
Un rythme adapté est encore plus important en montée que sur terrain plat. Ceux qui forcent trop tôt le paieront cher.
Pourquoi le rythme est si crucial
En montagne, aucun abri ne vous protège du vent. L'acidose (accumulation rapide de lactate) est dangereuse. Un malaise en montagne est brutal : il n'y a nulle part où se réfugier. Bien gérer son effort fait toute la différence entre souffrance et plaisir.
L'erreur classique
L'ascension commence, l'adrénaline monte, on se sent bien… et on démarre trop vite. Au bout de 3 à 5 minutes : les jambes brûlent, la respiration devient difficile, il faut ralentir considérablement. Même les grimpeurs expérimentés commettent régulièrement cette erreur de débutant.
La bonne stratégie
Départ : Prudent. Les 2 à 3 premières minutes en dessous de l’allure cible. Accélération : Augmentez progressivement l’intensité jusqu’à l’objectif (90 à 100 % de la FTP pour les ascensions courtes, 85 à 95 % pour les ascensions longues). Maintien : Puissance constante. Ne vous fiez pas à votre allure ni à votre fréquence cardiaque ; la puissance en watts est objective. Fin : Sur les ascensions courtes, vous pouvez accélérer pendant les 1 à 2 dernières minutes.
Rythme en fonction de la longueur de la montée
Court (5-10 min) : Proche ou légèrement au-dessus du seuil (100-105 % FTP). Moyen (10-20 min) : Au seuil ou légèrement en dessous (95-100 % FTP). Long (20-40 min) : En dessous du seuil (90-95 % FTP). Très long (plus de 40 min) : Allure optimale (85-93 % FTP).
Augmentations variables
De nombreuses ascensions présentent des pentes variables. Sections plus raides : maintenez votre puissance, pas votre vitesse. Sections plus plates : ne relâchez pas l’effort – c’est là que vous pouvez rattraper du temps. Virages en épingle : une brève récupération, puis retrouvez votre rythme.
Technique pour conduire en montée
Les technologies performantes permettent d'économiser de l'énergie et rendent les longues ascensions plus durables.
Position assise ou debout
Chacune présente des avantages et des inconvénients. Position assise : plus efficace – dépense énergétique moindre. Idéale pour les longues ascensions. Puissance plus stable. Position debout : sollicite différents groupes musculaires. Offre une courte récupération aux fessiers. Plus de puissance dans les montées raides ou lors des accélérations. La meilleure stratégie : alterner régulièrement. Par exemple, se lever 30 à 60 secondes toutes les 3 à 5 minutes.
Cadence optimale
En montée, votre cadence de pédalage est généralement plus basse que sur terrain plat. Elle se situe habituellement entre 70 et 90 tr/min. Une cadence trop basse (< 60 tr/min) entraîne une forte sollicitation musculaire, une fatigue accrue et des douleurs aux genoux. Une cadence trop élevée (> 100 tr/min) est exigeante pour le système cardiovasculaire et peut être difficile à maintenir. Le choix du pédalage est important : n'hésitez pas à faire des essais.
haut du corps
Gardez le haut du corps immobile : pas de mouvements latéraux, pas de balancement. Épaules détendues : les épaules relevées gaspillent de l’énergie. Mains relâchées sur le guidon : une prise trop serrée est fatigante.
respiration
Respirez profondément et de façon rythmée. Insistez sur l'expiration ; l'inspiration viendra naturellement. Trouvez un rythme respiratoire qui s'accorde à celui-ci.
Position sur le vélo
En position assise : penchez-vous légèrement en arrière sur la selle pour une meilleure transmission de la puissance. En position debout : mains sur les cocottes ou le bas du guidon, balancez légèrement la roue de gauche à droite. Dans les sections très raides : restez bien droit pour maintenir l’adhérence de la roue arrière.
Gestion du poids pour les grimpeurs
Le poids est un facteur crucial en montagne, mais la question est complexe et nécessite une approche rigoureuse.
Le levier W/kg
Pour améliorer votre rapport puissance/poids (W/kg), vous pouvez soit augmenter votre FTP, soit diminuer votre poids. Par exemple : 70 kg, 280 W = 4,0 W/kg. Augmenter votre FTP à 294 W = 4,2 W/kg. Diminuer votre poids à 65 kg (avec la même FTP) = 4,3 W/kg. Améliorer les deux de façon modérée vous permettra d’obtenir la meilleure amélioration.
Gestion du poids santé
Objectif : Réduire la masse grasse tout en préservant la masse musculaire. Déficit calorique modéré (300-500 kcal/jour). Apport protéique suffisant (1,6-2,0 g/kg). Éviter une perte de poids trop importante lors des phases d'entraînement intensif. Privilégier une approche à long terme plutôt que des régimes drastiques.
panneaux d'avertissement
Une perte de poids trop rapide est néfaste : baisse des performances malgré l’entraînement, infections fréquentes, problèmes hormonaux (chez la femme : aménorrhée), chute de cheveux, problèmes de peau, fatigue et risque accru de blessures. Le syndrome RED-S (déficit énergétique relatif dans le sport) est un syndrome grave dû à un apport énergétique insuffisant.
Attentes réalistes
Tout le monde ne peut pas, ni ne devrait, être ultra-léger. Votre morphologie naturelle joue un rôle. Un cycliste plus lourd mais puissant peut très bien grimper. La santé et la qualité de vie sont plus importantes que les résultats en compétition. Pour la plupart des cyclistes amateurs : se concentrer sur l’entraînement est plus bénéfique que de se focaliser de manière obsessionnelle sur son poids.
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L'alimentation lors des longues ascensions
Pour les ascensions durant plus de 30 à 60 minutes, la nutrition devient un facteur crucial.
Le problème
Les longues ascensions consomment énormément d'énergie – de 600 à plus de 1 000 kcal par heure. Vos réserves de glycogène sont limitées (environ 1 500 à 2 000 kcal). Sans ravitaillement, vous subirez une « faim », ce fameux « coup de mou ». Une chute d'énergie est particulièrement brutale en montagne.
Avant la montée
Réserves de glycogène pleines : prenez un repas riche en glucides 3 à 4 heures avant l’effort. De petites collations peu avant sont acceptables. Évitez les longues ascensions l’estomac vide.
Au cours de l'ascension
En règle générale : 60 à 90 g de glucides par heure à haute intensité. Cela correspond à 2 ou 3 gels par heure, ou l’équivalent en barres énergétiques. Ajoutez une boisson énergétique. Pour les très longues ascensions : commencez à vous alimenter tôt (n’attendez pas d’avoir faim). Privilégiez les petites quantités régulières aux grosses portions. Optez pour des glucides faciles à digérer (gels, gommes à mâcher, boissons énergétiques).
Hydratation
La déshydratation nuit aux performances. En montagne, par forte chaleur : transpiration abondante. Objectif : 500 à 1 000 ml par heure. N’oubliez pas les électrolytes : le sodium est éliminé par la transpiration.
Après la montée
Boisson de récupération ou collation : glucides + protéines. Continuez à vous réhydrater. La période optimale pour la resynthèse du glycogène se situe entre 30 et 60 minutes après l’effort.
Équipement pour alpinistes
Le bon équipement peut être utile en montagne, mais il ne remplace pas l'entraînement.
La roue
Poids : Chaque gramme compte en montée. Un vélo plus léger est un atout, mais le gain diminue progressivement. Passer de 9 kg à 8 kg : gain perceptible. Passer de 7,5 kg à 7 kg : gain marginal. Limite UCI pour les compétitions : 6,8 kg. Pour les cyclistes de loisir : un vélo de moins de 8 kg est idéal. Les vélos ultralégers sont chers et souvent moins résistants.
traduction
En montagne, il faut des développements faciles. Pédalier compact : 50/34 (standard pour les grimpeurs). Cassette : 11-32 ou 11-34 pour les ascensions raides. Certains optent même pour une cassette 11-36 pour les cols extrêmes (Angliru, Mortirolo). Les transmissions mono-plateau (un seul plateau à l'avant) sont de plus en plus populaires, avec des cassettes 10-50.
roues
Des roues légères ont un impact considérable : la masse en rotation compte double en montée. Pour les grimpeurs confirmés : jantes peu profondes (25-35 mm), légères. Pour les cyclistes polyvalents : profil moyen (40-50 mm), un bon compromis. Les vélos de montagne sont souvent équipés de roues pesant moins de 1 400 g.
Vêtements
Lors des longues ascensions : le refroidissement éolien étant moindre, le coupe-vent est moins nécessaire à la montée. À la descente : un coupe-vent est indispensable, car le refroidissement peut être extrême. Les manchettes et les jambières sont plus polyvalentes que les vêtements rigides.
Autres considérations
Pneus tubeless : légèrement plus légers, moins de crevaisons. Selle, guidon et potence légers : gains modestes. Capteur de puissance : indispensable pour un bon équilibre.
Ascensions légendaires – destinations pour les alpinistes
Les grands cols du cyclisme offrent des expériences inoubliables.
Alpes
Alpe d'Huez (France) : 21 virages en épingle à cheveux, 13,8 km, 1 071 m de dénivelé positif, pente moyenne de 7,9 %. Mystérieuse grâce au Tour de France. Col du Galibier (France) : 2 642 m, l'un des plus hauts cols du Tour. Grossglockner (Autriche) : le plus haut sommet d'Autriche, route alpine spectaculaire. Stelvio (Italie) : 2 758 m, 48 virages en épingle à cheveux, à couper le souffle. Passo Gavia (Italie) : sauvage et indompté, souvent emprunté par le Giro d'Italia.
Pyrénées
Col du Tourmalet (France) : 2 115 m, montée classique du Tour de France. Luz Ardiden (France) : Célèbre arrivée en montagne. Aubisque (France) : Cols panoramiques.
Espagne
Angliru (Asturies) : L’une des ascensions les plus difficiles d’Europe, avec des pentes atteignant 23 %. Lacs de Covadonga (Asturies) : Trois lacs, paysages grandioses. Sierra Nevada : La route la plus haute d’Europe.
Italie
Tre Cime di Lavaredo (Dolomites) : Arrivée en montagne emblématique. Passo Mortirolo (Lombardie) : Brutalement raide, classique du Giro. Monte Zoncolan (Frioul) : Extrême, légendaire.
Allemagne, Autriche, Suisse
Le col de Kitzbühel (Autriche) : très escarpé, il accueille des épreuves de Coupe du monde. La route alpine de la Silvretta (Autriche) : longue et pittoresque. Le col de San Bernardino (Suisse) : un col de montagne classique.
Créer une liste de choses à faire avant de mourir
De nombreux cyclistes dressent une liste des ascensions qu'ils rêvent de gravir. Les voyages à vélo vers des montagnes mythiques sont des expériences inoubliables.
Sécurité et départs
Ce qui monte doit redescendre. Les descentes exigent des compétences spécifiques.
Technique en ski alpin
Vision : Regardez où vous voulez aller, pas les obstacles. Freinage : Freinez avant le virage, pas pendant (ou très légèrement). Utilisez les deux freins, le frein avant étant plus efficace. Technique en virage : Pédale extérieure au sol, genou intérieur légèrement tourné vers l’extérieur. Appuyez-vous sur la pédale extérieure. Inclinez le vélo et gardez le corps droit. Trajectoire : Extérieur-intérieur-extérieur pour un virage optimal.
Équipements de sécurité
Casque : absolument indispensable. Gants : protection en cas de chute, meilleure adhérence. Soleil : un plus, mais les lunettes de soleil doivent aussi être efficaces à l’ombre.
Dangers lors des descentes
Conditions humides : Adhérence fortement réduite, surtout sur le marquage au sol et les plaques d’égout. Gravier meuble : Fréquent dans les virages et après l’hiver. Circulation en sens inverse : Restez sur votre voie ! Faune : Comportement imprévisible en zone boisée. Fatigue : La concentration est souvent diminuée après une longue montée.
Temps froid lors des descentes
Après une ascension difficile : trempé de sueur. À la descente : le froid est intense. Risques : hypothermie, crampes musculaires. Solution : enfilez un coupe-vent avant la descente. Emportez des manchettes et des jambières. Ne sous-estimez pas la descente : il fait froid à plus de 60 km/h.
Restez conservateurs
Pour les cyclistes amateurs : la descente n’est pas une compétition. Les professionnels du Tour de France prennent des risques énormes ; personne ne devrait essayer de les imiter. Mieux vaut rouler lentement et prudemment. Une chute peut mettre fin à votre saison (ou pire).